Arno à La Nouvelle Vague

C’est à Saint-Malo que Arno a décidé de poser ses valises le temps d’une soirée. C’est pour moi la chance de revoir ce grand monsieur de la chanson francophone qui n’a pas sa langue dans sa poche. C’est l’occasion d’écouter en live son nouvel album « Human Incognito ».
En arrivant à La Nouvelle Vague, c’est un bazar (comme dit Arno) assez conséquent qui attend sagement dans le froid avant de pénétrer dans la salle. À l’intérieur, une grande partie de la fosse est déjà remplie ainsi que les gradins. Ça promet un concert à guichet fermé et une belle soirée.

L’oignon fait la force…

21h00, la musique d’ambiance s’éteint ainsi que les lumières pour l’entrée de ce monument du rock belge. Tout de noir vêtu, comme à son accoutumé, Arno se place en milieu de scène entourée d’une formation rock classique : guitare, basse, batterie, clavier.
Pour commencer, c’est « Ask Me For A Dance », titre plutôt rock avec une guitare saturée qui épaule la voie rocailleuse d’Arno. Presque instantanément, fermant les yeux et balançant son micro de gauche à droite, il s’enferme dans sa bulle afin de nous narrer sa prose. La soirée sera rythmée par une succession de chansons rock en alternance avec des morceaux plus calmes et poétiques. Cela amplifie du coup le message qu’il veut faire passer et met en valeur les textes en français.
Moment obligé lors d’un concert d’Arno, c’est l’hommage appuyé et plein d’affections qu’il rend à sa grand-mère (qu’il salua au paradis) et à sa mère. D’après lui, « les femmes de sa famille ont des couilles et des roberts comme des bulldozers ». Je pense qu’il a de qui tenir (pas pour les roberts) lorsqu’il a répondu, sans mâcher ses mots, à Donald Trump au sujet de Molenbeek. « L’oignon fait la force », voici la phrase d’introduction de « Brussels », hymne à sa ville et aussi en hommage aux victimes des attentats de novembre 2015 et de Bruxelles, dont il change quelques paroles « Dancing in the streets of Belgium, Molembeek ».

Il nous montre son côté déluré avec la chanson un peu potache qui lui a été inspiré par la réincarnation de son oncle en mouette : « Une chanson absurde ». Texte d’un grand n’importe quoi qui parle de mouches, de renards fumant des pétards, de son chien qui prépare les impôts. Au moins, cela a le mérite de faire bouger la salle et de donner un air festif à cette soirée.
Ensuite, il enchaine de vieux tubes :  « Vive ma liberté » et sa batterie martelant le rythme où il nous crie sa liberté d’être lui-même et de ne pas vivre la vie de quelqu’un d’autre comme lui a appris sa grand-mère. Pendant « Dans les yeux de ma mère », l’ambiance est calme, le public est à l’unisson avec Arno. On se délecte de ses mots qui dansent sur ce piano mélancolique. Les mots sont poignants à t’arracher une larme. Bel hommage à toutes les mamans. Chacun peut se retrouver dans les paroles. C’est peut-être pour cela qu’elle capte autant l’attention des personnes réunies ce soir-là.
Difficile d’enchainer derrière, heureusement, il nous dégaine : « Putain Putain », « Les filles du bord de mère », chansons entrainantes que le public reprend en cœur tellement elles font partie du répertoire d’Arno et sont un pan du rock français. Un peu de légèreté, c’est bien aussi.
Pour finir, il dégaine ses cymbales sur « Bathroom singer » pour les martyriser et nous expédier quelques décibels supplémentaires directs dans les tympans en guise de feu d’artifice. C’est après un set de 25 chansons que le roi de la moule tire sa révérence après une sacrée belle soirée.

Poésie noire, chansons absurdes, voilà ce qu’a été le fil rouge de la soirée pour Arno. Il a su nous embarquer dans son monde délirant et utopique avec ses paroles surréalistes et sa douce folie. À 67 ans, il dit faire des albums pour avoir l’excuse de partir en tournée. Et bien, vivement le prochain pour que nos routes se recroisent. Putain Putain, c’était vachement bien.

Retrouvez toutes les photos ici.

Photos et texte : Guénolé TREHOREL

Remerciements : La Nouvelle Vague, Arno

Copyright Guénolé TREHOREL pour Live!!

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