Art Rock 2018 : Let’s Dance!

Mi-mai sonne l’ouverture de la saison des festivals avec l’un des premiers, Art Rock qui se déroule sur trois jours en plein cœur de la ville de Saint-Brieuc. Cette année encore, c’est sous un beau soleil que les festivités vont se dérouler sur trois sites dispersés dans la ville. La grande scène, la scène B et le forum de la passerelle.

Vendredi – J1

Plutôt que de vous faire une longue liste des concerts de la journée, je me suis concentré sur ceux qu’il ne fallait pas louper. Et ce vendredi commence bien avec The Red Goes Black qui ouvre le festival. Le Blues Rock made in BZH from Douarnenez débarque à Saint-Brieuc. Leur nouvel album venant de sortir, c’est l’occasion de le présenter au public venu assez nombreux. Plusieurs influences agrémentent le set : blues, rock, une pincée de funk et de soul. La sauce prend bien et l’ambiance dans la salle est plutôt cool.

Ensuite, pour l’ouverture officielle de la grande scène, c’est Mat Bastard qui est programmé tôt dans la soirée. La place Poulin Corbion est assez déserte lorsque le concert commence. Dommage pour les retardataires, mais Mat Bastard commence pied au plancher avec une grosse guitare et une section rythmique plutôt musclée. Mat est d’humeur joyeuse et n’hésite pas à vanner public, VIP et musiciens. Côté son, on n’est pas dépaysé, en plus de ses propres morceaux, on a le droit à des reprises de Skip The Use, mais aussi de Rage Against The Machine. Pour le fan de Rock, c’était le concert à ne pas louper, car la suite est beaucoup plus soft.

Django Django est la première tête d’affiche du festival à monter sur les planches. Ils nous ont offert un set propre avec leur électro pop sautillante. Harmonie vocales façon Beach Boy et des morceaux faciles pour le plaisir immédiat du public, on est loin de l’expérimentation des débuts. Alors certes, on accroche rapidement aux mélodies, mais on reste un peu sur sa faim.
Puis place au rap français avec Vald. Je passerai sur les textes qui sont juste inaudibles et incompréhensibles pour un vieux comme moi, mais concentrons-nous sur la dynamique scénique. Dès son entrée sur scène, c’est l’hystérie dans le public et cela ne va pas redescendre une seule seconde. Il hypnotise totalement son auditoire et n’a quasiment pas la peine de chanter. Grosse ambiance.

Marquis de Sade est très attendu par les sexagénaires. En effet, précurseur de la scène rock rennaise des années 80. Ils se sont séparés rapidement pour se reformer dernièrement. Après un passage remarqué et concluant à Rennes, ils se retrouvent sur la grande scène pour un second examen de passage. Leur Cold wave s’accompagne de vidéos mystérieuses et un joli jeu de lumière. Les riffs de guitare secs et un saxophone lancinant accompagnent la gestuelle singulière et poétique de Philippe Pascal.

Il ne fallait pas oublier d’aller faire un tour vers le forum pour aller écouter le trio originaire de Boston, Vundabar, et leur surf rock. Grosse ambiance avec pogos à répétition sur les airs country rock et blues plein d’énergies.

Pour finir, Fakear, loin de l’image de l’électro s’accompagne de musicien afin de donner plus de corps à sa prestation. Tantôt aux samples puis à la guitare, il varie les plaisirs pour enrichir sa musique qui nous fait toujours voyager. Très beau moment pour clôturer cette première soirée.

Samedi – J2

Dans les belles prestations de la journée, on mettra General Electriks qui ont ouvert le bal avec leur énergie communicative. Sous son air de jeune comptable coincé, Hervé Salters, harangue la foule et communique une énergie positive avec sa soul, funk. Un show électrisant et énergisant. Bien pour se remettre dans le bain.

Pour continuer dans l’énergie et la folie, Thérapie Taxi a mis une grosse ambiance sur la scène B et même peut être le plus gros concert de ce lieu réservé à des groupes montants. Ne les connaissant que de réputation, j’ai été surpris par l’emprise qu’ils ont sur leur public.


Ensuite, il m’aura fallu attendre tard dans la nuit pour me reprendre deux claques avec The Buttertones et Night Beats. Deux groupes qui jouent sur la communion avec le public et leur rock garage nerveux. Une valeur sûre, Catherine Ringer, a su mélangé reprise des Rita mitsuko et son propre répertoire pour nous emmener dans son univers singulier et poétique.

Dans les prestations en demi-teintes, je mettrais Lee Field. Il m’a un peu déçu malgré son funk sorti tout droit des années 60. J’y ai vu un sosie de James Brown, mais sans la fougue de celui-ci. Malgré tout, ce fut un bon concert qui a su insuffler du swing à Poulain Corbion.

Camille et ses vocalises n’ont pas réussi à me toucher. Joli décor, un album qui invite au voyage mis je n’ai pas réussi à prendre le train en marche et je suis resté sur le quai.

Jungle qui est la tête d’affiche de la soirée nous a donné une prestation assez plate. Avec les trois premiers morceaux prometteurs et assez dansants, je pensais assister à un bon moment, mais très vite, ils se sont enlisés dans des morceaux se ressemblant et un jeu de lumière monotone orange. Pas un grand jeu de scène, enfin, un concert à oublier.

Dimanche – J3

C’est peut-être le jour le plus homogène avec de beaux concerts. Tout d’abord, c’est Hollysiz qui a mis une grosse ambiance sur la grande scène avec son nouvel album. Sweat blanc à capuche telle une boxeuse, elle met les gants pour nous asséner des morceaux punchys et des chorégraphies ajustées et dynamiques.

Concrete Knives, sur la scène B, c’est la bonne humeur qui s’invite à Art Rock. Guitare sautillante, mélange d’afrobeat et de pop anglaise, voilà la recette chaleureuse qui fait danser la foule.

Un des groupes que j’attendais pour leur folie et leur énergie explosive, IDLES, n’a pas déçu. Programmé sur la scène B, je les aurais bien vu au forum qui est le véritable volcan du festival. Ils ont attaqué pied au planché le concert et ils ne sont jamais redescendus. Un concert de folie qui a vu la scène B pogoter comme jamais. Ils nous ont livré un concert rageur et incendiaire.

Ensuite, Jake Bugg nous a fait voyager avec sa pop folk dans les grands espaces américains malgré que celui-ci soit britannique. Tantôt acoustique, tantôt électrique, mais toujours d’une grande douceur, ces mélodies sont implacables et dansantes. Sa musique puise dans les références des générations précédentes : Bob Dylan, Hendrix, Beatles. Il n’a rien inventé, mais il a su recycler avec brio des sons agréables à écouter sans se prendre la tête.

Orelsan, LA tête d’affiche du festival, le rappeur normand, a débuté son concert avec « Basic » (qu’il reprendra en fin de live). Le public est hystérique. J’ai rarement vu une foule aussi dense qui reprend en cœur du premier au dernier rang toutes les paroles des chansons, et ce durant tout le concert. Faut dire qu’Orelsan a misé sur ces succès pour assurer un concert mémorable pour les fans : Jimmy Punchline, Différent, La Pluie, Bonne Meuf… La scénographie met en valeur l’artiste avec des jeux de lumière, de messages sur écran géant et des musiciens qui animent un peu plus son flow.

Difficile de conclure les concerts de la grande scène surtout quand on a moins de 20 ans. Mais c’est sans compter sur la musique et la sympathie de Petit Biscuit qui nous balancent des beats planants et nous emmènent dans un voyage dont il a le secret. Le jeune homme communique avec la foule encore imposante. C’est une électro très humaine et pleine de joie qui nous est livrée. Ça fait vraiment du bien au cœur et à l’âme. Passant de ses pads à la guitare, il s’éclate sur scène et communique sa joie de vivre. Petite nouveauté dans sa prestation, c’est l’ajout de jeux pyrotechniques qui montent en devant de scène. C’est du plus bel effet pour clôturer cette édition.

Pour finir, je rends visite au Britannique complètement déjanté de HMLTD. J’ai l’impression de croiser Ziggy Stardust et Beetle Juice. C’est un séisme doublé d’une éruption volcanique qui secoue le forum. Une énergie pure digne du punk et des poses glam sur des sonorités électros rock. Très vite, l’auditoire se met au tempo de la folie du sextet en enchaînant pogos, circule pit et autres sauts. Voilà une belle manière de finir le week-end.

 

Pour son édition 2018, Art Rock nous a fait une programmation ouverte avec une dominante Hip Hop. Avec un samedi en demi-teinte pour ma part, mais rattrapé par un dimanche plein, Art Rock m’a encore surpris en proposant des groupes vraiment intéressants et qui ne sont pas forcement les plus attendus par le public. Dans cette catégorie je placerais The Red Goes Black, The Buttertones, Vundabar, Concrete Knives, HMLTD. À l’année prochaine pour connaître les prochaines surprises que va nous concocter l’équipe du festival.

 

Retrouvez toutes les photos ici.

Remerciements : Art Rock

Copyright Guénolé TRÉHOREL pour Live!!

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