Art Rock 2016 – J2

Une pincée d’exotisme pour cette seconde journée

Une belle journée qui s’annonce sur la planète Art Rock avec au programme une bonne douzaine de groupes éparpillés sur les trois scènes du festival. Bien évidemment, je ne pourrais pas tout couvrir, mais je vais vous présenter mes coups de cœur. Cela promet encore d’être une journée marathon, mais quand on aime, on ne compte pas.
En voiture Simone, c’est parti, direction le petit théâtre à l’italienne de la Passerelle pour aller découvrir de drôles de loustics venus du pays du matin calme à savoir Jambinai. Mais que se cache-t-il derrière ce quintet ? A leur montée sur scène, dans un décor feutré, les jeunes musiciens s’installent : l’un avec sa guitare, la seconde avec un haegeum (instrument à corde que l’on joue à l’archer), la troisième derrière un Geomungo (genre de cithare asiatique), puis une batterie et une basse. Une pincée de musique coréenne agrémentée d’une grosse dose de post-rock énergique à la limite du métal. On passe d’une musique traditionnelle raffinée et posée à une rage folle électrique qui cohabite en harmonie et qui emmène le groupe dans une transe indescriptible comme si les instruments les possédaient. Vous me direz que c’est assez osé comme mélange. Oui, mais il est explosif, jouissif : du grand art. On est à mille lieues de la k-pop coréenne et ses chorégraphies un peu gneisseuses et c’est tant mieux. C’est un standing ovation qui salue la fin de la prestation du groupe. La poignée de spectateur présent a vécu l’un des plus beaux moments d’Art Rock.
Après des débuts aussi troublants, direction la grande scène qui sera placée sous le signe du Hip Hop et de l’électro.

Jambinai

Les premiers à monter sur la scène sont Odezenne. Visiblement attendu par un jeune public très féminin qui s’époumone à me faire vriller les tympans. A peine monté sur les planches, c’est l’hystérie totale au premier rang. On se croirait revenu au temps des boys band. Ils vont enchainer leurs tubes : « tu pus du cu », « je veux te baiser » celui-ci ayant un fort succès au premier comme au dernier rang. Une prestation qui ne m’a pas emballé, mais apparemment j’étais le seul.Fade Freddy

Ensuite, c’est Faada Freddy qui s’empare de la grande scène avec ses choristes. Le dandy sénégalais au chapeau melon groove à mort et nous distille des beats box de fou. L’ambiance monte d’un cran avec cette ambiance soul et ce show millimétré. La bonne humeur du monsieur est communicative et on se prend à danser sans jamais égaler le pas de deux que nous propose Faada Freddy.

Très attendu aussi, c’est Joey Starr avec son nouveau projet Caribbean Dandee qu’il a formé avec Nathy. Là, on change d’univers, c’est du lourd qui Caribbean Dandeemonte sur scène. Le duo antillais démarre à cent à l’heure et on ne sait pas où cela va s’arrêter. Joey Starr prend toute la place, c’est impressionnant comment il prend la lumière. Une bête de live. Au niveau musical, ça part un peu dans tous les sens comme s’ils avaient du mal à canaliser toute cette énergie. Mais ce n’est pas important, car les deux compères se donnent à fond et partagent un gros moment avec le public. Chapeau les gars.
Aujourd’hui, je ne vais faire que de bref passage sur la scène B faute de temps. J’y ai vu rapidement Fishbach avec son électropop à tendance New Wave. Une prestance à la Catherine Ringer lors de ses déhanchements et dans la façon qu’elle a de jouer un personnage habité. Dommage qu’elle ne soit pas accompagnée d’un groupe. Seule avec son ordi, ça renforce le côté froid de sa New Wave. Dans un style opposé, Husbands, impose son énergie et son groove au public. Le chanteur bassiste, légèrement déjanté donne un sacré coup de fouet à la scène B. Plaisant au premier abord, mais je ne suis pas resté assez longtemps pour me forger une opinion définitive.

Autre prestation très attendue dans cette soirée sur la grande scène, Caravan Palace doit relever le défi de réchauffer le public en ce début de nuit frisquet. Et c’est pleins d’énergie et de bonnes intentions que les membres du groupe enchainent leurs tubes électro-swing à la croisée de la musique des années folles et de l’électro. Ils dépoussièrent aussi le style jazz manouche par la même occasion. C’est un début de concert virevoltant et plein d’énergie qui embrase Art Rock, mais au fil du temps le froid prend le pas, et la chanteuse finit par déposer les armes et continue le set Caravane Palaceemmitouflé dans une énorme écharpe qui la prive d’une partie de ces mouvements et de son jeu de scène. Fin de show en demi-teinte à cause de température trop basse.
C’est le moment que je choisis pour aller me réchauffer moi aussi au forum, pour assister à la prestation de JC Satan. Et là, quel changement d’atmosphère, on se retrouve dans la chaleur du purgatoire. La foule est compacte et j’ai bien du mal à progresser vers le devant de la scène. J’assiste au seul pogo du festival et pour cause, les Bordelais mettent littéralement le feu à la scène. Ampli à bloc, guitare saturée, voix gutturale, Jack Daniels et poirier sur la scène, tels sont les ingrédients, que JC Satan distille, pour une explosion atomique du forum de la passerelle.

J.C Satan

Je retourne faire à la grande scène pour voir la prestation attendue de Rone. Il nous dévoile son troisième opus « Creatures ». En arrivant, j’aperçois François Marry de François and The Atlas en guest sur la gauche de la scène qui prête sa voix à cette musique envoutante sur « Quitter la ville ». Un batteur, sur la droite presque dans l’ombre, ajoute une rythmique supplémentaire au set. Les visuels donnent la part belle aux créatures chimériques, derrière le pupitre en forme de monticule granitique (et oui nous sommes en Bretagne), Rone nous transportent dans son univers imaginaire et envoutant. Superbe prestation même si le public assez peu présent pour ce dernier concert semble un peu bouder leur plaisir. Moi qui ne suis pas très musique électronique, je prends mon pied et n’hésite pas à plonger la tête la première dans son univers singulier comme j’ai pu le faire lors du passage de Superpoze l’année dernière.

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Voilà, à présent, la seconde soirée tire sa révérence mais attention grosse journée demain pour le dernier jour d’Art Rock. Gros coup de cœur aujourd’hui pour Jambinai qui m’a vraiment envouté lors de leur prestation.

Toutes les photos du second jour d’Art Rock ici.

Photos et texte : Guénolé TREHOREL

Remerciements : Art RockLambinaiOdezenneFaada FreddyHusbandsFishbachCaribbean DandeeCaravan PalaceJC SatanRone

Copyright Guénolé TREHOREL pour Live!!

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