Bobital L’Armor à Sons : le festival incontournable du début d’été

Cette année, pour sa neuvième édition, la popularité du festival se confirme en affichant complet plus d’un mois avant son ouverture. Mais quelles sont les clés de ce succès qui présage, déjà, un dixième anniversaire somptueux ?

Le vivre ensemble et l’accueil

C’est quoi « Le vivre ensemble » ? C’est le projet porté par les organisateurs : personnes en situation de handicap, lycéens, associations et bénévoles qui œuvrent ensemble avec leur bonne humeur dans les différents secteurs pour donner à ce festival la saveur si particulière qui le caractérise aujourd’hui et montrer que malgré les différences, tout le monde peut participer à un créer un événement d’importance.

Ambiance

Cette année, c’est un superbe décorum qui attendait les festivaliers venus nombreux sur la plaine du Louvre pour souffler les neuf bougies de L’Armor à Sons. Un village gaulois se dressait fièrement avec ses palissades, ses miradors, son arène et même son bateau pirate. Rien de tel pour vous immerger dans l’ambiance festive. C’est avec le sourire que les bénévoles vous accueillent pour que vous profitiez au mieux des réjouissances.
Un des points non négligés par le festival, c’est la propreté des lieux tout au long du weekend. Le site est régulièrement débarrassé des différents détritus durant la journée afin que toutes les parties du site soient propres afin que les festivaliers présents sur la plaine jouissent au mieux des installations.
Ajouter à cela des animations gratuites de qualité : tournois de palets, scène techno, jeux en bois. Grand succès auprès des campeurs. Cela apporte son grain de bonne humeur et permet aussi aux festivaliers de fraterniser avant leur entrée sur le site des concerts.

Affiche de qualité

Une affiche attirante mêlant tous les genres qui font qu’un festival puisse plaire au plus grand nombre et qu’on ne retrouve pas dans tous les festivals. Petite particularité cette année, la présence le même jour, de la doyenne et du benjamin côté artiste. Calypso Rose (77 printemps), la reine du calypso, au côté du petit prince de l’électro, Petit Biscuit (17 ans).

Côté musique, Émane, gagnante du tremplin, est chargée d’ouvrir les festivités avec sa soul, son sourire et ses pas de dance. Pas facile comme exercice surtout quand la pluie s’en mêle. Mais sa joie d’être sur les planches ainsi que les rythmes mêlant hip-hop, reggae et funk viennent à bout des quelques spectateurs  récalcitrants.

Olivia Ruiz

C’est au tour de la dynamique Olivia Ruiz, première tête d’affiche, de s’accaparer la grande scène. Malgré un début de laryngite, elle tient son rend et nous gratifie d’une belle prestation. Débauche d’énergie, changement de tenue aussi originale les unes que les autres, chanson à succès, voilà sa recette. Malheureusement, cela ne suffira pas à faire venir le public en nombre qui préfère s’abriter de la pluie.
Ensuite, c’est le duo parisien, jahneration, de nous distiller un reggae pêchu sur fond de hip-hop. Les deux frontmen connaissent la recette pour faire sauter la foule. Flow saccadé, rythmique percutante, mélodies accrocheuses, des textes incisifs et porteurs d’espoir tel est leur secret.
Le site est plein comme un œuf pour applaudir, le rappeur marseillais, Soprano. Beaucoup d’enfants sont présents au premier rang avec des photos de leur idole. C’est un gros set que Sopra nous a concocté et qui emmène le public avec ses mélodies dansantes et ses messages positifs qui changent de la scène rap française. Dans sa set liste, on retrouve « En feu », « Le diable ne s’habille plus en Prada » ou « Roule » qui sont repris  par toute l’assistance.Gros succès populaire.

Soprano

Pour finir ce vendredi, c’est soirée électro. Tout d’abord, le duo en vogue, Offenbach, qui nous joue remix sur remix sans grand intérêt avant de finir son set par leur titre « Be Mine ». Malheureusement, il arrive trop tard pour sauver une prestation en demi teinte. Ensuite, la lourde tâche de clôturer cette première journée et surtout de faire oublier le set précédant revient à Martin Soveig. Il monte seul sur scène derrière ses platines en provenance directe de Marseille où il mixait trois heures plus tôt. C’est avec une belle énergie qu’il joue ses tubes mondialement connus. Il n’hésite pas à payer de sa personne, pour enflammer la foule, en sautant, dansant et même descendant dans la fosse pour un petit bain de foule. Rare de voir un DJ faire le show sur scène. Voilà une belle façon de finir la première journée.

Le samedi, c’est le rock breton de Brieg Guerveno qui débute la seconde journée. C’est un rock sombre teinté de métal qui a du mal à convaincre un public clairsemé de plonger dans leur univers malgré un jeu de guitare nerveux et une rythmique redoutable.
Place ensuite au très attendu rappeur nouvelle génération : Lorenzo. Ben, très peu pour moi, au rendez-vous des textes creux, misogynes et vulgaires. Au suivant.
C’est au tour de la radieuse et élégante Calypso Rose de faire son apparition sous le soleil Bobitalais pour nous emporter dans son univers chaleureux et militant. Une grosse bouffée de bien-être emporte les festivaliers qui dansent aux rythmes caribéens. La reine du calypso du haut de ses 77 printemps, nous donne une leçon de vie et se déhanche sous le rythme des musiciens. Son manager est obligé de la sortir de scène tellement elle se sent à l’aise sur les planches et qu’elle veut communiquer au maximum avec les festivaliers. Chapeau bas madame.

Calypso Rose


Fishbach
tente d’emmener le public dans son univers bizarre. Tantôt aguicheuse, provocatrice, possédée, elle a du mal à convaincre. Très rapidement, le public quitte le devant de la scène. Succès mitigé malgré l’engouement de la presse spécialisé.
Sur la grande scène, Vianney, seul, s’approprie les lieux. Tout son répertoire y passe avec une énergie peu commune et assez déconcertante, car elle ne correspondant pas forcément à son style musical posé et poétique. Le public adhère et reste massé devant les crashs et l’écran géant pour suivre l’intégralité de la prestation pendant que le soleil doré se couche sur le site.

Vianney

Le petit prince de l’électro, Petit Biscuit, se prépare pendant que la nuit tombe. Un peu stressé, mais surtout impatient de présenter son set tout en douceur. Un beau voyage qui nous est proposé comme savent le faire Superpoze et Fakear. Projections vidéos recherchées en arrière-plan, il enchaîne ses tubes sur ses pads et sa guitare. Belle démonstration et belle maîtrise pour son âge. Il mérite bien son surnom et a su être à la hauteur de l’attente du public.
Maintenant que le public est bien chaud, c’est au tour du groupe originaire de Leicester, Kasabian, d’envouter la plaine du Louvre. Autant dire que leur live est attendu par de nombreux fans, car c’est leur seule date française de l’été. Après, j’appréhende un peu leur prestation, en effet, leur dernier album sorti en avril n’est pas aussi bon que les mythiques « kasabian », « Velociraptor » ou « West Ryder Pauper Lunatic Asylum ». Les doutes sont vites dispersés, ils entament bille en tête avec un des meilleurs titres de leur dernier album : III Ray (The king), suivi de Bumblebeee de 48 :13 et Eez-eh. Trois morceaux qui sont entrainants et qui donnent le ton. Ensuite, c’est tous les grands tubes qui vont se succéder : I.D, Club Foot, LSF, Re-Wired, Fire… Tout cela servi par un jeu de lumière bien maitrisé et vous avez tous les ingrédients pour un bon concert de rock. Moi qui suis assez souvent resté sur ma faim avec les grosses têtes d’affiches, là, je dois dire que je ne suis pas déçu. Kasabian est décidément bien plus un groupe de scène que de studio.

Kasabian

Pour finir le festival, comme d’habitude, le mot de la fin est donné à l’électro. Cette année, c’est le duo de DJ français The Shoes en formation restreinte qui clôture le weekend. Autant, je les avais appréciés dans leur formation de groupe avec instruments, autant en DJ set, cela n’a pas beaucoup d’intérêt. Je m’éclipse assez rapidement laissant les vrais fans se déhancher sur les bits des deux compères.

Ainsi s’achève la neuvième édition du festival de Bobital, avec des hauts et des bas. En guise de conclusion, je me mouille un peu pour vous donner mes coups de cœur et ce que j’ai moins aimé. Gros plus pour Calypso Rose qui a su faire danser le public sous le soleil, Petit Biscuit pour son atmosphère et Kasabian pour son côté rock. Dans les moins, Offenbach qui nous à passer des remix sans grand intérêt, Lorenzo et son côté Hanouna qui ne porte pas haut couleurs du renouveau du rap français.
Encore merci à l’association Bowidel de nous avoir offert une nouvelle fois une belle édition et à l’année prochaine pour découvrir ce qu’ils nous ont préparé pour les dix ans.

Retrouvez toutes les photos ici.

Remerciements : Festival Bobital

Copyright : Guénolé TRÉHOREL pour Live!!

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