Détroit au Liberté – Rennes

C’est le grand soir, direction Rennes et la salle du Liberté pour (re)découvrir Détroit sur scène. J’étais resté sur ma faim lors de leur passage aux Vieilles Charrues. Le retour de Bertrand Cantat avec son nouveau projet est-il un fétu de paille ou est-ce vraiment un projet qui peut tenir la route sur le long terme. Le mieux pour le savoir, c’est de les revoir sur scène.

Premier frisson en arrivant,c’est une grande affiche au nom de Détroit qui accueille les spectateurs. En entrant dans la salle, il y a du monde et beaucoup de monde. On sent une certaine excitation de voir l’ancien leader de Noir Désir. La moyenne d’âge est plutôt aux alentours de la quarantaine d’années. Rien d’étonnant a cela, c’est l’âge des fans de la première heure de Noir Dés.

Colin ChloéEn première partie, c’est Colin Chloé de son vrai nom Éric Le Corre, qui assure la mise en bouche. Il est accompagné par un bassiste et un batteur. Il est sur plusieurs dates de Détroit (Nancy, Genève, Plougastel…) et présente son nouvel album « Au Ciel ». Pas facile d’ouvrir le bal pour Détroit et réussir à capter l’attention du public. Première chose, qui saute aux oreilles, c’est le timbre de voix de Colin Chloé qui ressemble assez fortement à un certain Alain Bashung. On est dans un son brut, rude, sans fioriture et efficace qui accompagne des textes poétiques et sombres. Les formations minimalistes ont l’avantage d’aller à l’essentiel. La section rythmique est efficace. La guitare est saturée avec un poil de réverbération. Au fil des morceaux, le public se laisse gagner par l’atmosphère des textes. Pari gagné pour la première partie, mais il est déjà temps de laisser la place à Détroit après 40 minutes.

La pression monte d’un cran dans la salle, tous mouvements sur scène ou en coulisse sont interprétés par le public comme la venue imminente de Détroit et il le fait savoir par des acclamations et des sifflements. Autant dire que Détroit est attendu de pied ferme en terre bretonne.

DétroitÇa y est, le groupe monte sur scène. Bertrand Cantat répond aux acclamations par un geste de la main en prenant sa guitare Gibson rouge. La salle plonge dans le noir, quelques lumières bleues éclairent la scène. Les premiers accords de « Muse » résonnent et les poils commencent à se dresser. Le groupe se présente de front, avec Bertrand Cantat et Pascal Humbert au centre. On poursuit avec «Horizon». Vous me direz, il y a pire comme entame de concert. Surprise dès le troisième morceau, c’est le son de Noir Désir qui résonne avec «Ernestine». Le public applaudit encore plus fort. Le concert est parti sur de bonnes bases. Les musiciens sont extraordinaires, ils évoluent en symbiose et jouent du Noir Dés comme si c’étaient lors propres compositions. DétroitL’orchestration est résolument Rock. Après les trois morceaux, c’est un feu d’artifice de lumière. L’ingénieur lumière a du se réveiller ou il est arrivé en retard, mais là c’est grandiose. Deux écrans installent un décore somptueux derrière les musiciens. La salle est chauffée à blanc et répond au quart de tour. Impossible de résister à cette puissance et cette énergie. La communion est totale. Bertrand Cantat est revenu en grande forme et sa voix est puissante et roque. Il est habité par ses textes. Cela me rappelle la première fois que je l’ai vu lors de la tournée «Tostaky». Grosse présence scénique et toujours cette volonté de partager ces moments avec le public et ses musiciens. La set liste s’enchaîne mais je ne vais pas toute la détailler pour laisser quelques surprises à ceux d’entre vous qui iront les voir sur la tournée. Sur « Un jour en France », le public chante de concert avec Cantat et cela se reproduira à chaque reprise de Noir Désir («À ton étoile», «Lazy», «Tostaky»…). Après avoir remercié Rennes de lui avoir donné deux formidables musiciens que sont Bruno Green et Niko Boyer, il rend hommage à Jean Louis Brossard, le fondateur des Trans Musicales.

DétroitC’est bientôt l’heure de la fin, cela fait maintenant près de deux heures que le groupe occupe la scène et ils ne sont pas pressés de finir apparemment. C’est alors que l’on a le droit au rappel avec « Le vent l’emportera », titre plus calme et acoustique de toute beauté. L’ambiance est intimiste tout à coup, s’ensuit « Comme elle vient » avec ses premières paroles qui me donnent toujours de gros frissons : « À se changer en roi… » et la puissance de la section rythmique vous transperce. Les lumières fusent de tous les côtés tels des rayons laser dans une bataille de la guerre des étoiles.Détroit

Grosse surprise pour finir ce concert, c’est l’invitation que fait Bertrand Cantat à Colin Chloé pour venir sur scène et Détroit et Colin Chloéreprendre avec eux un titre de Neil Young « Hey Hey My My ». Gros moment d’émotion pour Colin Chloé. Voilà, maintenant c’est terminé, dernières salutations et ils quittent la scène.

 

 

 

Grosse soirée au Liberté. J’ai été plus qu’emballé par ce concert. C’est à ce niveau que j’attendais Détroit. Autant, j’étais un peu frustré de leur prestation à Carhaix autant là, je suis aux anges. Détroit n’est pas juste un projet solo de Bertrand Cantat. Ils ont su démontrer par leur prestation que c’est un groupe à part entière qui ne fait pas que reprendre du Noir Désir. C’est un groupe uni et qui, je l’espère, nous sortira d’autres merveilleux albums.

 

Retrouvez toutes les photos du concert de Détroit ici

Texte et photos : Guénolé TREHOREL

Remerciements à : Colin ChloéDétroitUNI-TLe Touyeur

Copyright Guénolé TREHOREL pour Live!!

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