Thee Oh Sees à l’Antipode

Direction l’Antipode pour rencontrer les Californiens Thee Oh Sees et son chanteur charismatique John Dwyer pour une leçon de rock garage à tendance punk.

The Oh Sees, retour aux sources du Rock

 

Autant vous le dire tout de suite : la tenue de combat est de rigueur, car le public, venu en masse, n’est pas là pour écouter la messe. Enfin, si, mais de celle dont on ne sort pas indemne.
On sent une certaine frénésie envahir les lieux à quelques minutes du début des festivités. John Dwyer arrive sur le plateau accompagné du reste du groupe : les deux batteries et le bassiste qui sont alignés sur une même ligne face au public, au plus près du bord de la scène. La proximité avec le premier rang est immédiate. À peine, quarante centimètres.
Dès les premières notes, la cadence est donnée et elle est élevée. La salle commence déjà à bouger et je sens devant que ça ne va pas être de tout repos pour prendre les clichés dont j’ai besoin. Guitare rapide, batteries martelant le rythme à haute vitesse et précision accompagnée d’une basse musclée, voilà les ingrédients qui vont épicer ma soirée.

John Dwyer imprime le tempo avec sa guitare portée au torse, ses compères lui emboitent le pas. On sent qu’ils sont là pour prendre du plaisir et distiller du bonheur à l’état pur. C’est sur un style garage teinté de rock psychédélique, marque de fabrique du groupe, que les Thee Oh Sees font pogoter les fans venus les écouter. La température de la salle monte très vite, ainsi que sur la scène. Dès le second morceau, les gouttes de transpiration tombent au sol et chaque envolée capillaire de John se prolonge par une gerbe de sueur. En me retournant, c’est un joyeux bordel qui s’agite derrière moi et je sens une incessante vague humaine me compresser sur le devant de la scène. Cela faisait longtemps que je ne m’étais pas fait bouger de la sorte. Rien de tel qu’un petit pogo pour rentrer définitivement dans l’ambiance chaude bouillante de la grande communion des Thee Oh Sees. Durant près de deux heures, les titres des deux derniers opus (« Mutilator Defeated At Last » et « A Weird Exits ») défilent sans nous laisser de répit. Seul moment de récupération, l’intro de « Withered Hand » puis c’est une nouvelle montée en puissance qui refait grimper la cardio à 160 pulsations par minutes. Quelques amateurs de slam escaladent la scène pour se lancer dans cette marée humaine afin de nager vers le nirvana. Je n’en dirais pas plus, car un concert des Thee Oh Sees ne se décrit pas, il se vit en live dans la chaleur et la moiteur d’une salle obscure comme toute bonne soirée rock.

Pour ma part, je repars avec la banane, dégoulinant de sueur, avec en tête les mimiques de John Dwyer et le dernier album à fond dans la voiture pour prolonger le moment de pur bonheur que j’ai vécu ce soir.

 

 

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Remerciements : Thee Oh SeesAntipode MJC

Copyright Guénolé TREHOREL pour Live!!

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