Art Rock Hors Saison#2

Le festival Art Rock, qui se déroule sur le weekend de la Pentecôte, nous a concoctés une petite soirée à mi-chemin entre les deux éditions pour nous faire patienter jusqu’à juin. Cette soirée est décalée au niveau de l’ambiance par rapport aux 3 jours de festivités du mois de juin. Elle se déroule dans une salle (il vaut mieux vu la date hivernale) et est placée sous le signe du piano et de la femme. En effet, trois femmes pianistes vont sont succéder sur les planches et nous proposer dans trois styles différents : Sarah MacCoy, NACH et Jeanne Chéral.

Sarah McCoy

La première à monter sur les planches est Sarah McCoy originaire des États-Unis. La chanteuse pianiste nous surprend en parlant un français plus que correct et communique d’emblée avec la salle. On sent tout de suite l’émotion qui la submerge en ce début de concert. Sa voie est saturée d’émotion qui disparaît rapidement lorsqu’elle débute sa première chanson. C’est une tornade vocale avec cette puissance et cette émotion de quelqu’un qui a bourlingué et qui a vécu des choses hors du commun. Comme une bête blessée, elle raconte ses histoires (plus ou moins personnelles) comme une thérapie ou le moyen d’exorciser ses démons d’un passé troublé. On est scotché à notre siège envahi par ses vagues d’émotions et ces mélodies teintées de blues bien gras, de jazz sauvage sorti tout droit d’un vieux piano-bar enfumé et crasseux. Cette énergie ne va pas faiblir du début à la fin et c’est un public ébahi et sonné, qui a reçu ce raz de marée en pleine face, qui salue la jeune femme par un standing ovation qui va durer plusieurs minutes. Wouah!! Ça commence fort et je ne pensais pas être malmené de la sorte dès le premier concert.

NACH

Maintenant, place à NACH, dans un style plus calme, de prendre place. NACH, pour ceux qui ne la connaissent pas, est la face féminine de la famille Chédid. Longue lignée d’artiste et soeur de Mathieu Chédid, elle n’a pas le même registre. C’est voie piano avec des textes qui racontent sa vie, son parcours. Elle rend hommage à son frère Joseph et non Matthieu avec qui elle est très proche et qui à co-arrangé son album. Elle parle d’une grande complicité comme des jumeaux voir de meilleurs amis. Pas un mot sur Matthieu comme si elle voulait s’en démarquer. Elle rend un vibrant hommage à sa mère dans une de ses chansons. Sa voie est chaude et bien maitrisée, le seul bémol est sa pédale rythmique qu’elle martèle sans modération et qui n’apporte pas grand-chose à part de l’agacement à la longue. Petite surprise au milieu du récital, la venue sur scène de Jeanne Cherhal pour un titre entre copines. Beau moment de complicité et jeux à quatre mains. Malgré tout, je ne suis pas super emballé, mais apparemment je suis le seul dans l’assistance. À la fin du concert, on assiste à un super moment de communion improvisé avec le public. Alors qu’on pensait qu’elle quittait la scène, on aperçoit une lueur de folie dans son regarde et elle descend de la scène pour entonné à capela la chanson « «  tout en montant dans les gradins. Décidément, cette soirée est placée sous le signe de l’émotion. Je me promets d’écouter son album à la maison, car j’ai l’impression d’être passé à côté de quelque chose. Et bien m’en a pris, car je découvre un album agréable à écouter.

Jeanne Cherhal

Pour finir, changement de décor et de plateau avec Jeanne Cherhal, qui contrairement à ses prédécesseurs, n’est pas seul. Elle est accompagnée de trois musiciens. On verse dans une pop pétillante avec le piano comme base. On sent Jeanne Cherhal remuante, elle joue souvent debout puis se rassoit, elle ne tient pas en place. Elle a de l’énergie à revendre apparemment en cette fin de soirée. Elle présente son dernier album «L’an 40 » symbole de son passage dans la quarantaine. Elle chevauche son tabouret et commence un corps à corps avec l’instrument, c’est comme sa guitare, le prolongement d’elle-même et elle sait le dompter. La scénographie est originale est impeccable, jolis jeux de lumière qui mettent en valeur la musique et l’énergie de l’artiste. Le public est ravi de la prestation de la chanteuse pianiste et le lui fait savoir par une salve d’applaudissements à la fin du concert.

Maintenant c’est l’heure du bilan pour ce hors saison#2 d’Art Rock. C’est une idée originale qui a le mérite de faire vivre le festival en hiver et de permettre d’aller dans des registres qui ne sont pas faciles à programmer en plein air. Très belle soirée qui m’a fait découvrir trois artistes qui ne sont pas dans mes habitudes d’écoute. Maintenant vivement fin mai pour la prochaine édition d’Art Rock au coeur de la ville de Saint-Brieuc.

Retrouvez toutes les photos ici.

Remerciements : festival ArtRock, Sarah McCoy, NACH, Jeanne Cherhal

Copyright Guénolé TRÉHOREL pour Live!!

Please follow and like us:

Leave a reply

Your email address will not be published.