Festival des Nouvelles Voix en Beaujolais 2013

Retour sur le festival des nouvelles voix en Beaujolais qui s’est déroulé la semaine du 19 au 23 novembre à Villefranche-sur-Saône, festival qui en est à sa 9ème édition et qui chaque année grandit en puissance et en qualité ( +1000 spectateurs supplémentaires cette année).

Lundi /mardi

(Salles des fêtes de limas) Très bonne initiative que d’avoir intégré les Wackids en ouverture du festival pour initier les plus jeunes à travers leurs shows colorés dans lesquels nos musiciens aux couleurs primaires reprennent de façon ludique armés de leurs instruments Fisher-price les classiques et icônes de l’histoire du rock, arène à décibels pour furies en culottes courtes on est heureux pour nos oreilles que nos chères petites têtes blondes n’arpentent pour l’instant que les cours de recrée avant les fosses de concert. (*)

Mardi

Changement de lieu et de décor ce mardi soir avec la représentation de Rosmary Stanley et Dom La Nena à l’église d’Arnas, écrin acoustique raffiné et public cérémonieux pour un concert intime qui ravirait plus d’un ange. Ambiance feutrée et auditoire solennel pour une représentation subtile où la voix de Rosmary toute de pourpre vêtue s’accompagne des cordes de la violoncelliste Dom La Nena, donnant à la représentation une ampleur rare qui nous embarque dans un voyage riche et coloré bien au-delà des murs pour en amener plus d’un à la sortie de la représentation à la prévente de l’album par souscription.
(en raison du respect des artistes de cette session acoustique, les images mentales seront les seules saisies ce soir-là)

Mercredi

Sous la neige et un froid glacial il est difficile parfois de patienter devant le théâtre de Gleizé, en périphérie de Villefranche, et pourtant la patience était récompensée ce soir-là où le théâtre affichait complet pour Lisa Leblanc débarquée du Canada.
Cette Acadienne nous offrait sa folk radieuse et son humour joyeux, avec des titres repris en coeur comme “ma vie c’est de marde” teintée d’un délicat accent de Québec et entrecoupée de nombreuses anecdotes enrichissantes à haute teneur linguistique entre deux morceaux de banjo et guitare.
Le théâtre finit par prendre des airs de saloon en fin de soirée, le public étant convié au caveau pour partager un petit verre de rouge avec l’artiste et garder toute cette exaltation à température.

Jeudi

Troisième jour officiel pour ce festival, au coeur du centre-ville, au théâtre de Villefranche avec une soirée parfaitement dosée qui comme à sa bonne habitude débute au bar avec son ” avant-scène”.
Catfish, groupe venu du Jura avec le joli timbre de voix de la chanteuse Amandine et un blues percutant constituent une très belle introduction à cette soirée et un prolongement idéal à la tonalité de la veille. Le moteur de la Buick ronronne et le riff de guitare finit de nous emporter vers le hall du théâtre.

C’est là qu’on retrouve Sophie Maurin, habituée des lieux pour y avoir été artiste en résidence en juin. Parfaitement à l’aise elle y remplit le moindre espace de sa présence pétillante et éclatante dans son costume de scène original. L’esprit coloré de ses textes trouve à travers le spectacle un écho immédiat que le public aussi chaleureux que les éclairages ne fera que souligner .

Changement de ton avec Maissiat qu’il me tardait de découvrir sur scène, piano imposant et orchestration classieuse pour répertoire aérien, texte et tonalité poétiques habillent l’obscurité baignée d’une lumière feutrée du plus bel effet. Auditoire sous le charme et oreille avertie pour cette grande interprète de corps et d’esprit, une artiste qui nous marque d’une empreinte pérenne.

Parapluie et décor fellinien pour Barcella qui clôture la soirée , funambule du jeu de mots et musicien charismatique.La piste aux étoiles emporte les suffrages avec sa mise en scène et l’interaction du public qui ne demande qu’à être sollicité par cet artiste à l’univers onirique généreux.

Vendredi

C’est la veille du weekend et ça se sent: théâtre bondé à l’ouverture, jeunes et moins jeunes font bloc dans le hall, prémices au bar avec Erotic Market qui lance le rythme de la soirée, répertoire percutant et rythmique enjôleuse émoustillent un public (re)chauffé des oreilles pour une suite pleine de promesses.

La fosse de la grande scène se remplit en quelques secondes, signe annonciateur d’une soirée placée en position verticale, même si en guise d’introduction Edward Barrow amorce un show plutôt feutré. L’ambiance est intime, notre ménestrel des temps modernes manie la harpe et les cordes vocales avec virtuosité. Sa voix chaleureuse n’étant pas sans rappeler celle de ” la divine comédie” , sa reprise de “enjoy the silence”…

… en comblera plus d’un introduisant parfaitement les Rouennais de Darko. Groupe au registre plus explosif, bassistes charismatiques et univers coldwave dans lequel Mogwai croise Ian Curtis, la fosse s’agite et le décollage des derniers rangs s’amorce rapidement, les braises sont ardentes et la température ambiante monte d’un cran.

A point pour pour accueillir comme il se doit le retour du fils prodigue et prodige Woodkid et son univers très visuel. Public en transe dans une salle qui ondule tel l’océan, bras levés sous les faisceaux des projecteurs rythmés d’averses de cuivres et de percussions martiales, la tempête ne prendra fin que dans un ultime rappel au titre inédit, signal d’une future croisière.

Samedi

Dernière soirée du festival à la programmation haletante, on s’interroge sur une baisse de régime, mais l’affiche prédispose au meilleur.

C’est Taini & Strongs qui ouvre au bar ce soir. Ambre, la chanteuse du groupe, vêtue d’un chemisier rouge classieux aguiche les oreilles de sa voix énergique et le rythmique très seventies, nous déleste rapidement de la fatigue accumulée durant la semaine. Petite sœur de Debbie Harry, version brune, et cousine éloignée de Pat Benatar, c’est avec regret qu’on la quitte sur une scène définitivement trop étroite pour contenir tant d’énergie.

Le théâtre est bondé encore plus rapidement que la veille, la jeunesse a pris d’assaut les abords des scènes pour être au plus près des artistes. C’est Pégase qui inaugure ce soir. Les Nantais ont des heures de vol sur scène et c’est sans mal, dès les premières notes entamées, qu’ils embrasent la foule, distillant une électro-pop nourrie de tubes instantanés. Le groupe prend du plaisir sur scène et le retour ne se fait pas attendre, les décibels du rappel en seront le parfait indicateur et ne ménageront pas nos tympans.

Moment fort attendu de la soirée avec les “anonymes” de Fauve qui prennent la relève, décor plongé dans l’obscurité, la salle est en effervescence avant même que le groupe n’apparaisse. Générosité et textes singuliers semblent s’adresser à chacun, comme un dialogue entre jeune et moins jeune, à travers leurs fulgurances et l’urgence de leur thématique. Le public en est conscient et l’émotion est à son comble. Lâcher de roses(en plastic) et poignées de main rendront ce spectacle encore plus charnel.

C’est aux belges de Puggy que revient l’honneur de clôturer cette semaine aux rebondissements qualitatifs sans faille. Mission toujours délicate, mais accomplie avec maestria, rythme et pop puissants, musiciens en osmose et chanteur charismatique occupent l’espace avec aisance. Couplets repris en chœur par un public acquis qui se verra offrir l’un des rares rappels du festival (timing oblige!) en bouquet final.

Toujours plus loin toujours plus haut! Paris réussis pour cette 9e édition du festival des Voix en beaujolais. On n’ose penser à quoi ressemblera la 10 édition, vivement!

Remerciements à tous les organisateurs et particulièrement à Alain Moreau , Juliette Lassard, Dominique Fusina, ainsi qu’ aux personnels pour leur disponibilité, leur gentillesse et la qualité de leur accueil.

* (1) Remerciements aux membres du groupe des Wackids qui m’ont invité à plusieurs reprises sur scène
* (2) pas d’accréditation pour Maissiat, Fauve et Wooodkids

Texte et photos: Fabrice Buffart

Copyright Fabrice Buffart  pour Live!!

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